(Le Soleil-MC) - Le Magazine Gaspésie se sert de son édition d’hiver pour publier un numéro spécial «Meurtres et mystères», dans lequel on présente plusieurs cas d’homicides non résolus ou de morts énigmatiques ayant ponctué l’histoire récente et ancienne de la péninsule.
De tout temps en Gaspésie, des périodes semblent avoir été propices aux meurtres mystérieux.
De 1953 à 1965, il y a notamment eu les meurtres des chasseurs américains Eugene Lindsey, Richard Lindsey et Fred Claar, pour lesquels le prospecteur Wilbert Coffin a été pendu, alors que bien des gens le croient encore innocent. L’avocat à la retraite Clément Fortin croit toutefois qu’au regard du droit, le procès de Wilbert Coffin a été bien mené.
Et il y a aussi eu, toujours en 1953, le meurtre d’Edgar Audet, gérant de la Coopérative de New Richmond, sous les yeux de son fils, homicide qui demeure impuni.
En 1964, le père Oscar Lalonde a été assassiné au Collège de Matane, mais les deux étudiants accusés du crime ont été acquittés. Le 21 juin 1965, Bobby Poirier, 18 ans de New Carlisle, disparaît mystérieusement de la maison familiale. Son corps est retrouvé par son père Gérard, quatre ans plus tard, dans un boisé situé derrière la maison familiale, les jambes ligotées. Le boisé devait pourtant avoir été fouillé par la police et des bénévoles en 1965. Un ami proche de Bobby, William James Mullin, sera accusé du meurtre après avoir fait des aveux aux policiers. Il sera acquitté, les aveux ayant été obtenus au terme d’un interrogatoire de 12 heures.
La décennie 1988-1998 aura été le théâtre de six meurtres non résolus. Le reportage du Magazine Gaspésie s’attarde surtout au cas du couple Claudette Servant et Victorien Vallée, assassinés à Tourelle en 1995, et au meurtre de Sonia Raymond, à Maria, en 1996.
La publication expose plus brièvement l’affaire Phillips de 1933, qui a inspiré Les fous de Bassan, à Anne Hébert, l’affaire Mesrine-Lebouthillier de Percé en 1969, et l’affaire Moïse, en 1979.
«Il aurait pu y avoir trois fois plus de cas d’espèces. Il a fallu choisir. Nous avons tranché pour les cas les plus documentés, avec des gens pour les écrire, et pour le matériel le plus original», note le président du Magazine Gaspésie, Gérard Thériault.
Le rédacteur en chef Jean-Marie Fallu dit qu’il a aussi voulu camper l’évolution historique du crime en Gaspésie, du refuge pour criminels et libertins que la région constituait sous le régime français et pendant une partie du régime anglais, jusqu’à l’avènement d’une première prison en 1816.
«Je voulais aussi un retour sur les crimes, l’évolution du travail d’enquête de la Sûreté du Québec, de 1950 à nos jours», note M. Fallu à propos d’un texte d’Édith Grenon, de la SQ.
Le Magazine Gaspésie présente aussi des cas plus anciens, mais tout aussi troublants, tels la mort du riche pêcheur de saumon Edmund W. Davis, en 1908, et le décès aussi énigmatique du contrebandier d’alcool Valmont Leblanc, à l’Anse-à-Beaufils, en 1938.
Publié par : Marcel Charland
à 05:43:42
Permalien
Comments :
Catégories :